C’est l’heure du rosé, un Chartier svp

J’attends toujours après tout le monde pour aller manger dans un restaurant qui vient d’ouvrir. Je n’aime pas trop l’effervescence et l’excitation qui accompagnent l’ouverture de celui-ci. Qui plus est, j’aime donner le temps au monde de prendre leurs marques.

Me voilà donc, retardataire, à commenter ce Rosé 2015 de l’ami Chartier. J’attendais le moment parfait, le 24 degrés accompagné du soleil et de ses effluves printanières.

Généreux et gourmand, ce vin élaboré en grande partie sur les hauteurs du Pic-Saint-Loup dans le Languedoc offre une matière fruitée envoûtante. Au nez comme en bouche, les notes de fraise volent la vedette, laissant quelques grenailles aux fruits jaunes et à de subtiles notes florales. Loin des rosés racoleurs et plein de sucres résiduels que l’on essaie de nous faire boire chaque année, vous aurez affaire ici à un vin intelligemment conçu, rond et fruité. La finale s’accompagne d’une douce amertume qui apporte une agréable tension.

De mon côté, si je n’ai pas respecté à la lettre les ingrédients prescrits sur la contre-étiquette, le plaisir fut au rendez-vous: carpacio de boeuf, huile d’olive, parmesan, tartare de tomates au basilic et tomates fraîches.

Bonne saison estivale!

IGP pays d'Oc, Le rosé 2015, Chartier Créateur d'Harmonies 
(SAQ 12253099 - 19,00$)

P’tite vite de la semaine, direction Bandol

Voilà quelques temps que je n’avais pas mis le nez dans un verre de Bandol rouge et je dois dire que je suis ravis de pouvoir renouer avec cette appellation grâce au domaine de Souviou.

Avec sa grande proportion de Mourvèdre dans l’assemblage, ce vin méditerranéen joue dans la catégorie des vins nourris aux tanins solides. Encore jeune, ce vin commence à dévoiler une certaine sagesse au nez. Les notes de fruits noirs se confondent à celles de sous-bois et de champignons et l’on détecte une trace de fougue animale que j’aime bien retrouver dans ce type de vin.

En bouche, on a affaire à un vin solide et encore très structuré. Si le nez montre des signes d’une certaine évolution, la bouche elle ne veut rien savoir. Il vous faudra là dessus penser à une épaisse pièce de viande nappée d’une sauce au vin rouge et de champignons.

Un vin solide qui comblera vos attentes sur la générosité des plats mijotés de l’automne qui s’annonce. N’hésitez pas à le garder encore 4 à 5 ans en caves pour l’attendrir un peu. Beau rapport qualité/prix.

France, Bandol 2011, Domaine de Souviou
(SAQ 12108377 - 29,10$)

P’tite vite de la semaine autrichienne

Je vous ai déjà parlé ici de l’Autriche et de ses vins. Je reviens à la charge aujourd’hui car l’engouement pour les produits de ce pays d’Europe commence à se faire sentir de plus en plus au Québec.

En parcourant l’Autriche vinicole, vous découvrirez un heureux mélange entre tradition et modernité. D’abord des cépages locaux qui côtoient des variétés internationales. Ensuite, des domaines à la fine pointe de la technologie établis dans des régions au riche passé viti-vinicole.

Dans le Burgenland, au centre-est du pays, les cépages rouges sont en vedette. Parmi eux, le Zweigelt, un raisin qui se rapproche du Pinot noir. Il diffère cependant de son cousin français par ce petit quelque chose de plus racé, des tanins délicats, une acidité soutenue et une trame épicée qui lui est propre.

Dans les mains de Gernot Heinrich, ce cépage prend des allures de ballerine. Élancé, il enchaîne les arabesques avec une facilité déconcertante, quasi insolente. Ne cherchez pas à comprendre la technique, laissez-vous simplement charmer par ce que l’on vous propose.

Après tout, c’est pour venir voir le spectacle que vous avez payé, pas pour les répétitions.

Autriche, Burgenland, Zweigelt 2013 (SAQ 12547214 - 24,74$)

P’tite vite de la semaine: direction la Touraine

Tout juste arrivée sur les tablettes, voici une bouteille qui vient mettre un peu plus de soleil à un été qui semble avoir besoin d’un petit coup de main.

Élaborée à partir de Gamay, cette cuvée dégage au nez de francs arômes de violette et de poivre blanc. La texture est soyeuse, le vin éclatant de fraîcheur.  Les framboises et les fraises gorgées de soleil explosent littéralement en bouche portées par des tanins d’une grande délicatesse.

Charcuteries, fromages, maïs grillé… Un conseil: achetez-en quelques bouteilles, une seule ne suffira clairement pas. Une véritable petite bombe.

Bonne soif!

France, touraine Gamay 2013, Le Bois Jacou, Domaine Mérieau
(SAQ 12572858 - 19,20$)

P’tite vite de la semaine portugaise

Le Douro 2009 de Quinta Sino da Romaneira m’avait déjà séduit l’an dernier par sa bouche d’une impressionnante élégance.

Le millésime 2010 récidive. Profond et nourri, cet assemblage de cépages autochtones m’impressionne encore une fois par la délicatesse et le soyeux de ses tanins en bouche. Servi  légèrement rafraîchi, le volume qui s’impose très vite en bouche laisse place à une acidité et un caractère épicé qui tient les sens en éveil. Au final, c’est le fruit qui gagne, laissant une belle impression de mûre et de cerise en bouche dans un ensemble lisse qui invite à une seconde gorgée.

Un incontournable vin portugais que vous prendrez plaisir à ouvrir pour accompagner une bonne grillade d’agneau et une salade de betteraves.

Portugal, Douro 2010, Quinta da Romaneira (SAQ 12291319 - 20,00$)
Échantillon fourni par LBV International

 

 

P’tite vite de la semaine: accueillir l’été à grands coups de Pinot!

Parce que l’été est à nos portes, voici un vin qui saura l’accueillir comme il se doit.

 

10521029_isAvec un nom pareil, « la Framboisière» évoque la gourmandise. Mais ne pensez pas que cette cuvée bourguignone se contente de si peu. Elle porte en elle un caractère animal, presque sauvage que je retrouve souvent quand je déguste cette appellation du sud de la Bourgogne. Mercurey est à mon sens une belle rencontre entre l’élégance des vins de la côte de Beaune et le caractère plus racé des crus du nord de la côte de Nuits.

Si vous ne connaissez pas cette appellation nichée au coeur de la côte Chalonnaise, le Domaine Faiveley vous fera découvrir un grand classique de la maison, qui, année après année, fait partie des incontournables du domaine.

00147959_isSi vous souhaitez pousser l’expérience Mercurey un peu plus loin, n’hésitez pas à vous procurer la cuvée du Clos des Myglands, monopole de la famille qui a su me séduire lors d’une récente dégustation. Le millésime 2012 s’exprime dans une dimension florale incroyable rappelant la violette, le tout relevé d’une délicate touche épicée qui tend sur des notes de poivre rose. Il y a une profondeur supplémentaire sur ce premier cru de l’appellation qui fait en sorte que le vin s’étire en longueur et laisse derrière lui une agréable sensation de plénitude.

Mercurey la framboisière 2010, Domaine Faiveley 
(SAQ 10521029 - 33.00$)
France, Mercurey 1er Cru Clos des Myglands 2012, Domaine Faiveley
(SAQ 00147959 - 40,00$)

P’tite vite de la semaine japonaise

Au premier coup d’oeil, le monde du saké peut paraître bien obscur. Mais si l’on s’y arrête, il y a de formidables découvertes à faire. Pour une approche 101 de ce breuvage japonais, je vous invite à consulter le magazine Exquis du printemps 2015 (numéro 13) dans lequel je fais un tour d’horizon de cet alcool de riz. Vous pouvez également vous rendre sur le www.masumi.co.jp afin d’approfondir vos connaissances sur le sujet et par la même occasion, pratiquer votre japonais.

En attendant, voici deux produits qui m’on récemment flatté le palais et pour lesquels j’ai eu un petit coup de coeur lors d’une dégustation comparative:

Junmai Shu, Okuden Kanzukuri, Masumi (SAQ 1665884 - 13,30$ (300ml) )
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D’une grande délicatesse, ce produit floral et aérien m’apparaît comme le saké d’été par excellence. Un filet de poisson blanc, une bonne huile d’olive, quelques zestes d’agrumes et une pincée de fleur de sel saura magnifier la délicatesse de ce saké. Pensez à un carpaccio de pétoncle, des sashimis ou plus simplement à une salade de fruits de saison.

 

 

Junmai Genshu, Izumi (SAQ 11948665 - 15,35$ (300ml) )
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Vous aurez affaire ici à un produit plus puissant. Sa trame épicée, son caractère plus rustique et sa texture savoureuse en bouche en font le candidat idéal des viandes grillées. Comme quoi il y a bien d’autres avenues à explorer que le sushis. À essayer notamment sur un burger maison, dans lequel vous glisserez quelques lamelles d’un vieux cheddar.

 

 

Pour bien déguster ces produits, vous avez le choix du verre:

Le  Oshoko est le verre traditionnel à saké. Il est disponible en céramique ou en vitre.

Toutefois, si vous cherchez plus de potentiel aromatique, sachez que la compagnie Riedel offre un verre spécifique à cet effet, le Riedel Daijingo.

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Les puristes opteront pour le Masu, une boîte en bois, davantage pour la tradition que pour le plaisir aromatique.

 

Enfin, si vous êtes conquis par cette boisson de riz, notez qu’il existe à Québec le club des amateurs de saké:

www.sakeochoko.blogspot.ca

Facebook: Ochoko le club des amateurs de saké de Québec

Bonne découverte!

P’tite vite de la semaine rosée

Comme la plupart d’entre nous n’attendrons pas le 21 juin, date du début de l’été, pour sortir le rosé, cette suggestion hebdomadaire sera l’occasion de célébrer l’arrivée de nombreuses cuvées sur les tablettes en prévision des chaudes journées estivales.

La cuvée ButiNages offre une robe délicate, issue d’un lent pressurage qui lui apporte une superbe couleur saumonée. À l’oeil, j’ai déjà envie de passer à table. En bouche, on sent la générosité de la Grenache, gourmande et voluptueuse. Si le vin est ample, la finale est élancée, sur des notes de framboises, de fleurs et d’épices. Un vin qui offre bien des possibilités à table: filet de porc grillé et sauce aux framboises, salade de crevettes grillées, paprika et chorizo, tomates provençales…

Bravo à Jean-Michel Gassier, maître d’oeuvre de plusieurs cuvées rhodaniennes qui signe sur ce nouveau millésime 2014 une réussite assurée auprès du consommateur.

France, Costières-de-Nîmes rosé 2014, ButiNages, Michel Gassier
(SAQ 427625 - 15,75$)

Échantillon fourni par LCC vins et spiritueux.

P’tite vite de la semaine

J’ai récemment assisté à une dégustation des produits de la maison Luce Della Vite, propriété de la famille Frescobaldi. 20 millésimes de la cuvée Luce y étaient alors présentés. Je vous reparlerai bientôt de cette dégustation dans un billet plus long.

Suite à la dégustation, c’est autour d’une bouteille de Lucente que nous avons mangé quelques bouchées.

Belle surprise que cette cuvée issue des mêmes vignobles dont proviennent les raisins qui servent à élaborer le Luce. Mais ici, le Merlot prend plus de place. Il compte pour 75% de l’assemblage alors que le Luce est un assemblage de Sangiovese et de Merlot quasiment à part égale dans la plupart des millésimes

J’ai pris plaisir à déguster ce Lucente à la robe brillante et au nez expressif de fruits rouges et d’épices rappelant les fines herbes de Provence. Le boisé est présent mais ne cache pas l’expressivité du fruit. En bouche, le vin offre une bonne soif, un profil juteux et des tanins plus sages que la grande cuvée du domaine.

Lucente s’inscrit dans un ensemble sérieux, à l’image du domaine, tout en offrant au consommateur une accessibilité immédiate. Vous prendrez plaisir à le déguster aux alentours de 17 degrés, sur des côtelettes d’agneaux marinées au thym ou un burger généreux.

Italie, IGT Toscane, Lucente 2012, Luce Della Vite (SAQ 860627 - 34,75$)

P’tite vite de la semaine, très propre…

C’est aujourd’hui que j’ai officiellement lancé ma saison du barbecue. Parmi les classiques culinaires, je m’ennuyais grandement de la bavette de boeuf marinée au café. J’ai donc comblé ce manque ce midi. Pour l’accompagner, rien de mieux que le Proper Claret, du célèbre et non conventionnel vigneron américain Randall Grahm.

Avec sa robe violacée, le vin présente un nez ouvert de cuir, de cassis, de mûre et de fleurs mauves. La bouche est aérienne, dotée d’une superbe acidité, d’un alcool sage et de tanins qui s’installent tranquillement dans le palais sans aucune agressivité. Une cuvée qui a de la superbe, sans se prendre pour une autre. Nul doute que l’on en ouvrira d’autres cet été. C’est festif, concentré et très digeste à la fois. Petite bombe!

États-Unis, Monterrey, A Proper Claret 2012, Bonny Doon Vineyard
(SAQ 12495961 - 25,25)