Escapade en Beaujolais, arrêt chez Foillard

Ah! le beaujo! Si tous les moments sont bons pour faire sauter le bouchon d’une bouteille de gamay, le printemps est un moment de l’année des plus propice à ce genre de plaisir.

C’est qu’il y a dans les vins de cette région un je-ne-sais-quoi d’aérien et de réconfortant. Des vins qui débordent d’odeurs printanières et qui, lorsqu’ils se glissent en bouche, illuminent l’esprit par leur fraîcheur.

Invité en avril dernier par l’agence Rézin à une dégustation des vins du domaine Foillard, j’ai pu en apprendre un peu plus sur les vins du domaine, autour d’un repas bien exécuté par le chef de la VV Tavernä. Un endroit où vous pourrez déguster des vins de spécialité et d’importation privée, mais aussi des bières de micro-brasseries et de beaux spiritueux tout en dansant ou en regardant les séries éliminatoires de hockey. Bref un endroit convivial, doté d’une profondeur d’âme, au même titre que les vins que j’ai pu déguster.

Installé à Villié-Morgon, le domaine est connu pour sa production de morgon. Deux cuvées font partie des incontournables du domaine, les Corcelettes et la Côte du Py. Jean Foillard produit également une petite quantité de fleurie. Des vignes qu’il loue à son frère sur le climat « Grille Midi », un des terroirs les plus réputés de l’appellation, situé au coeur d’une arène granitique remarquablement exposée au soleil de midi. Si  le millésime 2015, fût chaud, très chaud, cette cuvée a su conserver une incroyable fraîcheur. Le vin présente un profil gourmand, soyeux et lisse, équilibré par une acidité qui tire les ficelles en arrière sans jamais s’exposer au public.

Le reste de la dégustation s’est articulé autour de différentes cuvées de morgon avec deux millésimes 2014 qui pour ma part, m’ont particulièrement séduit, notamment sur  la cuvée Les Charmes Éponyme. Un nom qui m’a d’ailleurs amené à questionner Agnès: pourquoi ne pas se limiter à « Les Charmes »? Simplement parce que ce climat est également connu plus au nord, en Bourgogne et sur plusieurs appellations. Elle m’a d’ailleurs confié qu’une réflexion est en cours pour renommer toutes les cuvées du domaine en enlevant les noms des climats, qui selon elle ne reflètent pas nécessairement la pleine identité des vins du domaine.

Jean Foillard, Crédit photo: le Figaro

Ainsi, en 2015, Jean Foillard produira la cuvée les Athanors (fourneaux utilisés par les alchimistes). Un vin issu de vignes ayant bénéficié bien malgré elles d’un mûrissement exceptionnel, atteignant des degrés potentiels d’alcool anormalement élevés pour la région. Reste que la marque de commerce du domaine, c’est sa capacité de produire des vins frais et précis, malgré la chaleur du millésime. Le reste de la dégustation nous a confirmé cela.

Le morgon « classique » 2015 offre des notes de fruits rouges bien mûrs et une trame tannique juteuse. Ample en entrée de bouche,  le vin s’étire dans une verticalité qui lui donne un caractère très digeste.

Les vignes de Corcellettes 2015,  terroir plus au nord de l’appellation, sont issues d’un sol plus sableux. Le vin est souple, floral, avec une pointe poivrée. De toute les cuvées, il s’agit selon moi de celle qui se livre le plus facilement et que vous pourrez ouvrir sans tarder en attendant la cuvée Les Charmes Éponyme. Un vin d’une rare élégance, à la fois floral, sauvage et caressant, bénéficiant d’un sol plus granitique et d’une altitude qui frôle les 400m. Un vin qui offre autant de fougue qu’il a de grâce et qui profitera d’un petit séjour en cave.

Enfin la cuvée iconique de la Côte du Py présente dans un premier temps un profil assez nerveux, quasi sanguin, pour laisser place à une matière ample et juteuse en bouche. Les tanins viennent appuyer une formidable impression minérale qui étire le vin en longueur. 

À contre-courant des millésimes qualifiés « d’exceptionnels » de par leur ensoleillement et leur chaleur, c’est sur des années plus fraîches comme 2014 que l’on produit chez les Foillard la cuvée 3,1416.  Un vin issu de vignes de plus de 100 ans plantées elles aussi sur la Côte du PY. C’est au chai, après dégustation, que la décision finale se prend d’isoler ou non ces vignes. Quoi qu’il en soit, ces deux cuvées méritent que l’on patiente avant de les ouvrir et feront mentir cette certitude trop répandue selon laquelle les vins du Beaujolais ne vieillissent pas.

À la fin de la rencontre, une question me trottait dans la tête. Peut-on retrouver d’autres appellations produites par un des membres de la famille Foillard? Oui! Alex Foillard élabore depuis le millésime 2016 des vins sur les appellations côtes de brouilly et pouilly-fuissé. Des vins que j’ai déjà hâte de goûter si sa production lui permet d’en envoyer un peu par ici.

Merci à l’agence Rézin pour l’organisation de cette rencontre-dégustation.

Liste des vins dégustés et disponibilités à venir:

Collection Rézin, beaujolais 2015 (SAQ 12454958 – 20,92$)

Morgon, Classique 2015 (SAQ 11964788 – 23,96$)

Morgon, Vignes de Corcelette 2015 (SAQ 12201643, dispo août 2017 – 38,75$)

Morgon, Côte de Py 2015 ( ip, hiver 2018 – 42,74$)

Morgon, Les Charmes Éponyme 2014 ( courrier Vinicole de novembre – 41,45$)

Fleurie 2015 (ip, hiver 2018 – 51,58$)

Morgon, 3,1416 2014 (ip, hiver 2018 – 76,43$)

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