De la Toscane à Montréal. Rencontre avec Luce della Vite

Suite à une belle rencontre avec Lamberto Frescobaldi de la maison éponyme, permettez moi de vous parler un peu de ce grand domaine toscan et d’un vin en particulier: le Luce.

30e génération de vigneron, Lamberto est l’homme qui a su concrétiser le rêve de son père Vittorio. L’homme s’était mis en tête de créer un vin avec l’icône du vin californien de l’époque, Robert Mondavi. En 1993 naissait donc Luce, un partenariat entre deux grands noms du vin.

Parmi les phrases marquantes de Lamberto, j’ai retenu celle-ci: « Il ne faut pas avoir peur du lendemain ». Une phrase qui sonne bien à mes oreilles et encore mieux dans cette Italie aux vieilles traditions viti-vinicoles.

Luce: des vignes bercées de lumière pour un vin rayonnant. 

La première cuvée a vu le jour en 1993. Si cette dernière s’avère aujourd’hui un peu fanée, ce n’est pas le cas du 1994, qui surprend pas sa rondeur et son ossature encore solide.

En 1995, un vaste programme de replantation débute au domaine afin d’augmenter les densités du vignoble. Nul besoin de se le cacher, en Toscane il y a le vin d’avant les années 1990, souvent âpre et dilué (pensez au Chianti et ses bouteilles de paille) et les cuvées d’’aujourd’hui qui se placent parmi les meilleurs vins du monde. Au milieu des années 90 donc, c’est tout un changement que la famille Frescobaldi opère. Dorénavant, les vignes seront plantées plus serrées, offrant des concentrations plus élevées et de bien meilleurs vins au bout de la ligne.

10906249_814874525268981_5777498442697638980_nVino da Tavola fut, IGT  devint, Luce demeurra…

Cette maxime déformée et empruntée au 1er Grand Cru classé de Pauillac s’adapte bien à Luce. Pour ses deux premiers millésimes, Luce n’était qu’un simple vin de table. Ce n’est qu’en 1995 que la cuvée toscane accède à la catégorie des IGT, dans la lignée d’autres super-toscans.

Aujourd’hui, comme au premier jour, la recette n’a pas changé mais s’ajuste au fil des conditions climatiques. Merlot et Sangiovese s’assemblent dans des proportions quasi égales.

Toutefois, dans les années plus fraîches et plus humides, le Merlot donne de meilleurs résultats que son homologue local, préférant les sols froids et humides qui calment ses ardeurs. Le pourcentage varie. C’est le cas des millésimes 1994, 1996, 1999, 2002, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009 pour lesquels la proportion de Merlot est sensiblement plus élevée qu’à l’habitude. Il en résulte de très bons vins dans la plupart des cas. De cette succession de millésimes, mon coup de coeur va sans contredit au millésime 1999. Un vin complexe, plein de matière et incroyablement fougueux que l’on devra attendre encore quelques années.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même

En 2004, suite au rachat de Robert Mondavi par le groupe Constellation, la Famille Frescobaldi décide de faire carrière en solo. le joint-venture s’éteint après 10 ans de collaboration. Luce sera dorénavant une signature 100% toscane, offrant au consommateur le meilleur des vignes de la famille dans un esprit constant de qualité.

À l’achat

Sur les tablettes de la SAQ, vous pourrez vous procurer le millésime 2012, un vin d’une insolente jeunesse, porté par une puissance remarquable et offrant des notes de cerises, une agréable fraîcheur et des tanins fins d’une grande amplitude. Vous le garderez pour les 10 prochaines années certainement.

Italie, IGT Toscane, Luce 2012, Luce della Vite (SAQ 12547450 - 114,25$)