10 questions Bordeaux: oserez-vous les poser?

chateaux-bordeauxLors des quatres jours de l’événement Bordeaux fête le vin à Québec, vous aurez sûrement l’occasion de rencontrer quelques vignerons, du moins je l’espère. Sinon, nous avons un problème à régler tout de suite :).

Si comme moi vous n’êtes pas du genre à jaser pour jaser et que la conversation polie vous fatigue un peu, vous éviterez les questions du genre «Est-ce un bon millésime?», ou encore «Quels sont les cépages?», questions que vous répéterez à chaque kiosque. Vous conviendrez comme moi que cela peut vite devenir ennuyeux.

Aussi, sachez qu’à Bordeaux, tous les millésimes sont bons, seuls quelques-uns sont exceptionnels. J’exagère, me direz-vous? Peut-être. Reste que dans cette région, pour ne citer que les rouges, on trouve trois cépages principaux: Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc et Merlot. Ce qui vous donne la réponse à la seconde question. L’avantage, contrairement à la Bourgogne qui n’utilise qu’un cépage, c’est qu’en fonction des conditions climatiques, les Bordelais ont la possibilité d’ajuster la composition finale de leur vin. Bien entendu, n’allez pas en conclure qu’ils peuvent faire comme bon leur semble. Il y a tout de même un cahier des charges à respecter  sur chaque appellation. Mais bon, là n’est pas mon point.

Comme il m’est déjà souvent arrivé de me retrouver en face d’un vigneron sans savoir quoi lui dire (lui non plus en passant), voici dix questions qui me semblent pertinentes à poser et qui peuvent ouvrir sur de grands sujets de conversation. Vous pourrez ainsi juger de l’objectivité de chaque vigneron et vous construire un avis éclairé sur le Bordelais d’aujourd’hui.

1- Depuis quelques années, on observe une évolution dans les styles à l’intérieur de chaque appellation. Est-ce dû majoritairement au climat, à la demande du marché ou encore à un changement dans la répartition des cépages?

2- Ce n’est un secret pour personne, le vignoble bordelais intéresse grandement les investisseurs venus du monde entier. Est-il devenu, à l’instar des grandes villes à travers le monde, un vignoble «cosmopolite» où tous les styles se côtoient, ou reste t-il encore une réelle identité bordelaise?

3- On entend toutes sortes de commentaires sur les classements. Doit-on encore s’y fier? Une question à poser aux propriétaires de grands crus classés comme à ceux de crus artisans.

4- Les appellations des Côtes font beaucoup de bruits et impressionnent par le rapport qualité/prix. Sont-elles en train de devenir les futures grandes stars bordelaises? 

5- On connaît les grandes appellations bordelaises (Pauillac, St-Julien, Pomerol…). Si en Bourgogne, le mâconnais semble être la nouvelle perle du vignoble,  en toute objectivité, quelle serait selon vous la nouvelle perle à Bordeaux?

6- À grand vin, grand prix. Difficile aujourd’hui pourtant de contrôler la spéculation du vin bordelais. Les prix s’envolent sur les marchés asiatiques, ce qui rebondit forcément sur les autres marchés. Existe-t-il un moyen de contrôler ce phénomène?

7- À l’heure où les crémants ont la cote sur le marché québécois, il est actuellement impossible de se procurer une bouteille de crémant de Bordeaux. Pourquoi?

8- On ne se mentira pas : peu de personnes aujourd’hui (restaurateurs inclus) ont la possibilité ou la patience de faire vieillir leurs bouteilles. Les vins de Bordeaux doivent-ils alors s’adapter à cette réalité et produire des vins plus accessibles en jeunesse? Et surtout, est-ce réellement possible?

9- Les changements climatiques doivent engendrer plusieurs modifications et adaptations, tant à la vigne qu’au chai. Quelle est la plus grosse préoccupation des vignerons bordelais à l’heure actuelle en ce qui concerne le réchauffement climatique?

10- Si on estime qu’un vigneron travaille toujours pour la génération suivante, quel héritage pensez-vous laisser aux jeunes vignerons qui prendront votre relève? Quels seront leurs défis?

histoires-de-politesse-6655204Je termine en vous donnant le conseil suivant: n’ayez pas peur ou honte des questions que vous vous posez réellement, et ce, peu importe votre niveau de connaissance. Il n’y en pas de moins bonnes que d’autres. Évitez simplement de poser par souci de politesse les questions dont vous connaissez la réponse. Cela rendra la conversation plus agréable.