Question de temps et d’un peu d’air

Certains vins méritent parfois une deuxième chance, du temps et un peu d’air. À l’ouverture d’une bouteille, le plaisir n’est pas toujours immédiat. Avant de la vider dans l’évier ou de vous en servir pour vos fonds de sauce, que diriez-vous de la regoûter le lendemain…

C’est ce que j’ai fait cette semaine avec cinq cuvées bordelaises. Voici ceux que je considère comme les deux gagnants de ce lot de 5, toutes appellations confondues.

Au premier jour, le Château de Carolle en appellation Graves s’est révélé le plus charmeur. Un vin superbement équilibré, faisant ressortir un fruité croquant accompagné d’un boisé certes présent mais nullement envahissant. Ce millésime 2010 est une belle réussite, succédant à un millésime 2009 adulé de toute part dans la région. Personnellement, j’y retrouve plus de fruit et d’accessibilité en jeunesse. Les tannins s’avèrent un peu asséchants, mais sauront s’assouplir après 20 à 30 minutes de carafe.

Après une nuit d’aération, c’est le Château Toumalin en appellation Canon-Fronsac qui a su flatter mon palais et reprendre la première position. Austère et fermé la veille, il s’est ouvert le lendemain sur de formidables notes de mûres, de cerises et de vanille.Il en résulte un vin ample et juteux, encore marqué par une trame tannique juvénile, caractéristique de son millésime.

Comme quoi, vous n’êtes pas obligé de vider votre bouteille en un soir, car comme certains  plats, elle pourrait être meilleure le lendemain…

France, Canon-Fronsac 2009, Château Toumalin (SAQ 10805224 – 24,85$)

France, Graves 2010, Château de Carolle (SAQ 11401547 – 20,95$)