Cépages printaniers

Le 21 mars marque l’arrivée du printemps. Tranquillement, la mijoteuse retourne dans le placard, les tourtières, pâtés, pains de viande et autres victuailles hivernales commencent à se faire plus rares dans le congélateur. S’il reste encore quelques vins « d’hiver » en cave, ils s’endormiront sagement jusqu’à l’année prochaine, développant dans leur repos de nouveaux arômes.

Il est alors temps de se préparer à ouvrir des vins de soleil, charmeurs et festifs pour saluer le réveil de Dame Nature, transportant dans son souffle les odeurs florales et fruitées qui accompagnent l’éclosion des bourgeons.

Parmi la variété innombrable de cépages qui participent aux plaisirs aromatiques du vin, en voici quelques exemples :

Le pinot blanc, cépage alsacien, permet une entrée en matière sans éclat, toute en fraîcheur. Il développe des notes subtiles de poire et de fleur blanche. En Colombie-Britannique, le domaine Mission Hill produit  la cuvée Five Vineyards, un vin simple et délicat reflétant la discrétion et l’élégance aromatique de ce cépage souvent délaissé au profit de la franchise d’un riesling, d’un pinot ou gris ou encore d’un gewürztraminer.

Le sauvignon blanc, plus expressif est un incontournable des journées ensoleillées. Très présent dans la Loire sur des appellations comme Sancerre, Menetou-salon et Pouilly fumé, il représente également 90% de l’encépagement de la région de Marlborough en Nouvelle-Zélande. Ses arômes se caractérisent par des notes de citron, de pamplemousse et de bourgeon de cassis.

Moins connu, l’Albarino est un cépage espagnol que l’on retrouve majoritairement au nord ouest dans la région de la Galice. Il rejoint certains attributs du sauvignon blanc dont l’exubérance aromatique et une acidité vivifiante.

Sur le vieux continent, la Grèce recèle de cépages à découvrir, pourtant bien implantés depuis l’antiquité. Le cépage moschofilero, que l’on retrouve sur l’appellation Mantinia dans le Péloponèse, charme autant au nez qu’en bouche avec ses notes de fleurs, d’agrumes et d’épices.

En rouge, le pinot noir exprime bien la légèreté qui nous habite le printemps venu. Sa finesse et son élégance font de ce cépage planté dans des zones fraîches (Bourgogne, Central Otago en Nouvelle-Zélande, Los Carneros en Californie…) un incontournable de la saison.

De retour en Galice, le sous-estimé cépage mencia a été remis au goût du jour par l’emblématique vigneron espagnol Alavro Palacio. On le retrouve principalement sur l’appellation Bierzo où il développe des arômes de fruits rouges, de fleurs mauves et d’épices douces.

Enfin, deux cépages autrichiens méritent une attention toute particulière. Le zweigelt, que l’on retrouve dans la région du Burgenland à l’Est du pays, permet de produire des vins au profil aromatique bien particulier, à la fois fruité et marqué par les épices. Le  blaufrankisch quant à lui offre des vins de soif au fruité gouleyant et aux tanins souples.

Outre le vin, les bières suivent également les saisons. Parmi les quelques 900 variétés produites au Québec, les lagers procurent un plaisir simple et efficace au goût sec et à l’amertume peu marquée. D’un tout autre style, les bières ales proposent d’avantage de complexité. La Belle Saison de la micro brasserie à L’abri de la tempête, sans oublier les variétés de bières aromatisées comme la blonde aux framboises de la micro-brasserie la Barberie à Québec, ainsi que la Dominus Vobiscum, une blanche envoûtante produite par la micro-brasserie Charlevoix en sont de beaux exemples.

Bon printemps!